Histoire de caféier 31.
On sait ce que veut dire la tasse de mauvais café ,administrée en Turquie aux fonctionnaires dont onveut se débarrasser.
Un gentilhomme du Périgord, le marquis de Sal-vagnac, émigré en 93, s’était retiré à Hauzen, enAllemagne, et la fille de la maison avait su lui faireboire d’excellent café. Lorsqu’il lui fût permis derentrer en France, il essaya, sur sa route, de prendredu café ; on lui en donnait de détestable. Gretchenseule était capable de lui en faire de bon, et ne pou-vant la prendre à son service, il se décida à 1a. de-mander en mariage. Il eut tout lieu de s’en féliciter.
Voltaire ne disait-il pas : la mode est aujourd'huide mépriser Colbert et Louis XIV : cette mode passeraet ces deux hommes rentreront à la postérité avecBoileau. Il disait la même chose du café et il avaitraison ’.
§ 3. — Cafés chantants, cafés littéraires, le caféPedrocchi, cafés maures
Ile tout temps il a existé chez les peuples civilisésdes lieux de réunion où l’on était à peu près assuréde trouver les mêmes personnages aux mêmes heu-res de la journée. A Athènes, c’était l’Agora, à Rome,Le Forum. Les villes importantes de l’empire Romainavaient aussi leurs forum, lieux de rendez-vous où setraitaient les questions du jour, politiques et autres.On y élisait les magistrats. Sous les gouvernementsmonarchiques, ces réunions n’avaient pas un motifsi puissant. Aussi en France, dans les cabarets quiprécédèrent les cafés, il n’était nullement question de
1 . Correspondance générale, t. XV, p. 108 .