Histoire bU cafi-ueU
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politique. Qui n’a entendu parler de celui de Ram-ponneau, sous Louis XV, à l'enseigne du Tambourroyal, qui vint après celui de Magay. Tout le mondey allait, officiers et bourgeois, traitants et petitesmaitresses. On avait tracé, sur l'estampe qui repré-sentait l’intérieur de ce cabaret, les couplets suivants :
Au sein de la paix goûter le plaisir,
Chez soi s’amuser dans un doux loisir,
Ou bien chez Magny s’aller divertir,
C’était la vieille méthode.
On voit aujourd’hui courir nos badauds,
Sans les achever quitter leurs travaux,
Pourquoi? c’est qu’ils vont chez nions Ramponneau,
Voilà la taverne à la mode.
Il existait, dès 1G30, dans le jardin des Tuileries,un cabaret connu sous le nom de cabaret Renard, oùse réunissaient les frondeurs de l'époque. Ces lieuxde réunion se maintinrent tant que le café ne fût pasconnu. Le D r Riant rapporte qu’au début, on voyaità Paris des marchands qui portaient dans la rue surun éventaire, un réchaud et une cafetière en criant: ducafé ! C’est ce que faisait Grégoire. Vint ensuite l'ins-tallation des cafés, comme on l’a vu précédemment *.
Disons en passant que cette vogue du café renditaussi plus commun l'usage du sucre qui alors s'ache-tait à l'once chez le pharmacien.
Dufour dit qu’à Paris on mettait autrefois dans lecafé tant de sucre que ce « n'était plus qu'un siropd'eau noircie ».
Un de ces cafés parisiens, qui eût dans ce temps laplus grande vogue, fut un café monté par un certainFlorentin, d’autres disent Palermitain, du nom de
1. Le café, le chocolat et le thé, par le D r A. Riant, p. 10,