HISTOIRE DU CAFÉIER
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Les Établissements où l'on distribuait le cafédevinrent si nombreux qu'il fallut inventer un nouvelattrait pour les consommateurs. C'est alors qu’on vits’ouvrir ces cafés où, en môme temps qu’on savouraitsa tasse de café, on entendait des chansons, mono-logues et même des petites pièces ou farces, dontle goût n’était pas toujours très-épuré, mais quiétaient accueillies avec empressement et applaudies àoutrance, comme jadis, à Constantinople, on applau-dissait les danses des aimées et des ghawabiées.
Ce genre de cafés s’est étendu partout. A Paris, onpeut voir, aux Champs-Elysées plusieurs cafés chan-tants, c’est ainsi qu'on les désigne, établis en pleinair, splendidement éclairés, au retour du beau temps,et remplis, le soir, d’une foule qui vient entendresoit une romance sentimentale, une chansonnettecomique, le Sire de Framboisy, voire même une scènepiquante. La musique n’est pas toujours parfaite, lesvoix des chanteurs quelque peu éraillées, la moralen’est pas toujours scrupuleusement observée, malgrécela les auditeurs ne font pas défaut quand la soiréeest belle.
Le temps est-il mauvais, Paris offre aux amateursl’Eldorado, PAlcazar d’hiver, laScala, laGaité, le Con-cert du XIX e Siècle, les Folies Bobino, Rambuteau, leConcert Européen et mille autres lieux de réunionoù l’on peut demander sa tasse de café.
Certains cafés sont fréquentés spécialement par lesmilitaires, les étudiants, les artistes, les commerçantsetc. ; là on comprend quel peut être le genre de con-versation. D’autres réunissent les hommes politiques.On y discute les grands intérêts de l'Etat, sans avoircependant mandat de le faire. « Ce sont, dit Salvan-dy, des Chambres au petit pied : là se traitent les
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