HISTOIRE DH CAFÉIER
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prétexte que de mauvais citoyens s’y réunissaientpour discuter de sang-froid sur les affaires de l'Etatet exciter les passions populaires. Cet interdit soule-va un mécontentement général, qui aurait pu se trans-former en une véritable émeute, si l'on n'avait rap-porté la défense. Les cafés furent donc ouverts de nou-veau, mais les cafetiers furent rendus responsablesdes discours et actes de leurs clients. Ils assumèrentcelte responsabilité, plutôt morale que réelle.
On allait à Londres au café de Will où, chaque soir,on faisait cercle autour de la place d'honneur réser-vée au poète Dryden, au café S'-James, au café del'Arc-en-Ciel, au café Grec, au café de Garroway ;chaque secte religieuse avait son café comme sonéglise, et le D. Ratctiffé, en 1685, y donnait des con-sultations.
Nousavons reproduit l'esquisse que fait Micheletdescafés à Paris sous la régence. Le tableau que traceLord Mac-Aulay de ces établissements à Londres, en1685, mérite d’être lu à plus d'un titre.
A Vienne, en Autriche et à Budapest en Hongrie,les cafés sont très suivis. Les dames y sont admiseset lisent les journaux.
En Allemagne, en Prusse, dans le Hanovre, on es-saya vainement de s'opposer à l'usage du café. Geor-ges III ratifiait en 1780 la décision des Etats provin-ciaux, tendant à condamner l'usage de cette boisson ;Frédéric II à la même époque, frappait d'impôts énor-mes la vente de cette fève, mais tous ces moyens fu-rent inutiles, le café avait fait sa place parmi lespeuples civilisés, il n'était pas possible de le fairedisparaître 1 .
1, Essai sur l'histoire du café par II. Welter.