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HISTOIRE DU CAFEIER
À bord d'un bâtiment sur lequel nous étions em-barqué, et qui faisait partie de la station des côtesoccidentales d'Afrique, nous avions comme domesti-que un petit nègre de Gorée, qui aimait beaucouple café. Après un dîner donné à quelques personnes,Biraman, c'était son nom, recueillit dans une seuletasse, ce qui pouvait rester dans le fond des autres,et se mit à siroter, comme on dit familièrement, cequ'il avait recueilli. Eh bien Biraman, comment letrouves-tu ? Li qu'est bon, répond le petit nègre, maisli qu'est pas saud (chaud).
Nous avons assisté à un dîner donné par un kana-que de l'intérieur de Noukahiva (Marquises) à l'occa-sion du mariage de son fils. Le café, servi dans desnoix de coco, termina agréablement le repas.
On vient de voir que les autres nations ont leurscafés aussi bien que la France. On doit cependanten excepter Santiago, la capitale du Chili où il y aseulement quelques années, on ne savait où allerprendre son café et lire le journal. Les Chiliens ai-ment leur intérieur et ne se répandent pas au dehorscomme les habitants de la vieille Europe Mais le pro-grès a dû se faire dans cette ville comme ailleurs, etYalparaiso, son port de mer, a depuis longtemps plu-sieurs établissements de ce genre.
Les cafés s'établirent, dans nos Colonies commedans la Métropole. A S 1 Domingue, la permission dé-tenir des cafés fut, dans le principe, accordée à prixd'argent, par les gouverneurs généraux. La réparti-tion du produit fut réglée par lettre du ministre dela Marine, du 11 août 1738. La moitié de la redevanceappartenait au gouverneur général, le quart au capi-taine des gardes et l'autre quart devait servir à donnerdes gratifications à des officiers pauvres ou à défrayer