LÎTTKRAÏL'RË DÜ CAFEIER ET DU CAFÉ
Le Café. — Cantate
Café, quels climats inconnusIgnorent les beaux feux que ta vapeur inspire ?
Tu comptes dans ton vaste empireDes lieux rebelles à Bacchus.
Favorable liqueur dont mon âme est ravie,
Par tes enchantements augmente nos beaux jours :Nous domptons le sommeil par ton heureux secours,Tu nous rends les moments qu’il dérobe à la vie.Favorable liqueur dont mon âme est raviePartes enchantements augmente nos beaux jours.
L’astre dont chaque jour la clarté douce et pureVient du soleil absent consoler la nature,
Te doit souvent le regard des humains ;
Les feux rivaux de sa lumièreAux yeux savants, par toi devenus plus certains,Découvrent leur vaste carrière.
Que Minerve et ses favorisDe tes divins attraits connaissent bien le prix.
Café, du jus de la bouteilleTu combats le fatal poison,
Tu ravis au Dieu de la treilleLe buveur que ton charme éveille,
Et tu le rends à la raison.
Le sage, s’il s'amuse à boire,
Ne se livre qu’à tes douceursTu sers les filles de Mémoire,
Qu’Apollon célèbre ta gloire,
La sienne accroît par tes faveurs.
Café, du jus de la bouteilleTu combats le fatal poison,
Tu ravis au Dieu de la treilleLe buveur que ton charme éveilleEt tu le rends à la raison.
Quand une habile main t’apprête,
Quel plaisir est égal à celui que tu fais ;
Son odeur seulement te promet la conquêteDes mortels qui n’ont pas éprouvé tes attraits.