oO
LITTÉRATURE DU CAFÉIER ET DU
Il n’en est pas ainsi du poëme sur le même sujet,Caffœum, composé vers 1718 par l’abbé Massieu, del’académie française et lu à l'académie des Inscrip-tions Un des panégyristes de cet auteur, M. de Boze[Eloge de Massieu) ne craint pas de dire de ce petitpoëme que « si Horace et Virgile avaient connu le» café, on leur eût facilement attribué le poëme de» l’académicien moderne ».
Son traducteur, M. Théry, sans s’associer à cetéloge un peu exagéré ne craint pas de dire que « Le» Caffæum de Massieu est une perle d’élégance, insé-» rée dans un riche écrin 1 ».
En Angleterre, le grand Pope n’a point dédaigné derendre au café, l’hommage qu’il mérite.
« Café, dit-il, qui donne la sagesse à l’homme d’état» et lui permet de voir les yeux à demi fermés, au» travers de tous les obstacles,
ColFee, which make the political wise,
Auo see through ail things with hls half shut eyes.
Le poète Belighi a composé vers la fin du XVI e siè-cle une espèce de sonnet traduit par Galland et misen vers par La Roque.
A Damas, à Alep, au grand Caire,
Il s’est promené tour à tour
Ce doux fruit qui fournit une boisson si chère,
Avant que de venir triompher à la cour.
Là ce séditieux, perturbateur du monde,
A, par sa vertu sans seconde,
Supplanté tous les vins, depuis cet heureux jour.
En France, les poètes qui ont chanté le café sontnombreux. Fuzelier a fait, en l’honneur du café, unecantate mise en musique par Bernier.
I. La notice sur l’abbé Massieu, par M. Théry (loc. cit.) repro-duit le poëme avec sa traduction en vers.