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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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10 JOURNAL dun OFFICIER DORDONNANCE..

Je naime pas lAnglais, je le confesse. Je reconnaisses grandes qualités de peuple, sa ténacité, son espritdinitiative et de magnifique solidarité. Mais tout celame semble gâté par un égoïsme à la fois monstrueuxet peu scrupuleux sur le choix des procédés. Que lesnations soient égoïstes, daccord : cest, dit-on, leurdevoir. Légoïsme nest peut-être quune forme dupatriotisme. Mais quelles soient honnêtement égoïstes.Lhonnêteté ne gâte rien, pas même le patriotisme.

Et à ce propos je demande au lecteur la permissionde lui conter, en guise dexemple, un souvenir per-sonnel, une anecdote absolument inconnue, inédite,et dont jaffirme lauthenticité.

Cétait en Chine. On avait, après les premièresopérations conduites par le général de Montauban,conclu un traité à Tien-Tsin; seulement, celte fois, cenétait pas un capitaine de frégate qui avait signé :cétaient, pour lAngleterre lord Elgin, et pour laFrance le baron Gros.

Le traité paraphé et fait en double expédition, unexemplaire anglais et un exemplaire français, futconfié au mandarin qui lavait discuté et... on nen-tendit plus jamais parler de ce papier.

Quand on vit que la Chine nexécutait pas le traité,on sinforma de ce quil était devenu, et je me sou-viens encore des rires du commandant en chef et desquolibets de létat-major, lorsquil nous fut réponduavec tranquillité et bonhomie que le mandarin aveclequel nous avions négocié navait pas de pouvoirs,pétait chargé daucune mission ; que cé'ait un ama-