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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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LE CAMP DE CHALONS.

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lurban, dragons sans casque, cuirassiers sans cui-rasse, hussards sans sabretache. Monde inerte, nevivant plus que de la vie végétative, se remuant à peinequand on le foulait aux pieds, et grognant dêtredérangé dans sa somnolence fatiguée. La plus grandepartie de ces isolés était composée de zouaves et deturcos. Ceux-ci surtout avaient souffert.

Et enfin, à la place des salves joyeuses dartilleriedautrefois, le silence, la houle de la foule qui mur-mure; et dailleurs, si on avait à cette heure entendu lecanon, ceût été le canon de Gravelotte, qui emportaitdes pelotons entiers de la garde impériale.

Dans lintérieur du camp, même désordre. Lesbataillons de mobiles parisiens sétaient logés ilsavaient pu, au hasard de larrivée, et quand on deman-dait aux soldats errants se trouvait telle compagnie,ils affectaient de ne rien savoir et se donnaient le plai-sir de vous envoyer... à lours, comme ils disaient.

Je voulais, au camp de Châlons, voir dabord legénéral Berthaut, puis mon frère, secrétaire dambas-sade en rupture de diplomatie, pour cause de guerre,et officier dordonnance de ce général. Comme avecune bonne langue et des bottes solides on arrivetoujours lon va, je finis par trouver le général. Jelui remis le mot du ministre, et il promit de soccuperde moi. Quant à mon frère, je le dénichai dans unebaraque il dormait du sommeil du juste, avecune paire de pistolets chargés et armés au chevet desa couchette. Tous les officiers en faisaient autant.

Je commençai par lui prendre ses pistolets, puis je