L3 CAMP DE CHAPONS.
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Certes, je ne m’attendais pas à ce que sa personneexcitât cet enthousiasme que son oncle sut inspirer,même aux jours où il ne possédait pour ainsi dire plusdelà terre de France que ce qu’en couvraient lessabots de son cheval ; mais je ne m’attendais pas nonplus à ce que certaines insultes lui fussent prodiguées.
J’ai été là témoin de faits dont le récit me laisseraitincrédule si je ne les avais pas vus et entendus.
Les mobiles étaient de corvée par détachementsd’environ mille hommes à la fois.
Quand un détachement côtoyait le quartier impé-rial, voici ce qui se passait.
Un loustic criait sur un ton suraigu :
— Vive l’Empereur!
Et le détachement entier, avec ensemble, comptait :Une, deux, trois! et répondait :
— M....! Ici le mot de Cambronne. Les officiersn’osaient rien dire !
Ce qui n’empêchait pas que le surlendemain onpubliât à Paris la dépêche suivante :
Camp de Châlons, 20 août, 6 heures du soir.
L’Empereur a visité hier à cheval plusieurs corps d'armée.Partout les troupes font entouré en lui demandant demarcher en avant.
Pour copie conforme,
Le ministre de l’intérieur,Henri Chevreau.
Croyez encore aux dépêches !
Donc, ce matin-là, je me promenais mélancoli-