LE CAMP DE CIIALONS.
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devait primitivement commander l’expédition deChine. Il a refusé, et l’Empereur a nommé Montauban.C’est dit? Je vais faire libeller et signer votre nomi-nation. Attendez-moi là : je suis à vous dans troisminutes.
Et je repris ma promenade, l’estomac toujours creux,mais les idées singulièrement rassérénées.
A ce moment, je vis sortir du pavillon central ungrand laquais vert; il portait avec majesté sur unplateau d’argent des récipients qui fumaient au milieude piles de rôties beurrées. Comme il passait à côtéde moi de l’autre côté du grillage, je lui adressai cessimples mots :
— Vingt francs ?
— C’est le chocolat de l’Empereur, me dit-il : SaMajesté a refusé de déjeuner. Elle n’a pas faim.
J’avais tiré mon louis de mon gousset, et le bon ser-viteur aussitôt m’ouvrit une petite porte, me dit :Entrez là, et m’installa dans une office où je bus je nesais combien de tasses de chocolat, agrémentées derôties, de sandwiches, de petits fours. Je fis, on peut ledire, un déjeuner impérial que le général Schmitz,égayé par mon aventure, et me voyant par la fenêtreinstallé chez l’Empereur, vint couronner avec ma no-mination signée : « Trochu. «J’étais attaché en qualitéd’officier d’ordonnance du général en chef au 12° corpsd’année. J’avais le droit d’agrémenter mon uniformed’aiguillettes d’or.
— Ce n’est pas tout, me dit le général Schmitz. Il nes agit pas de s'endormir dans les délices de Capoue.