LE CAMP DE CIÏALONS.
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chant consciencieusement notre langage avec sonhorrible accent anglais.
Il n’en avait pas fallu davantage; on l’avait prispour un espion prussien. A ses supplications, à l’affir-mation de sa nationalité neutre, on avait réponduinvariablement: « Ne fais donc pas le malin. Si tuparles anglais, c’est que tu es Prussien. »
Et il s’en allait houspillé, frappé, maltraité, piedsnus, et tenant,—je n’ai jamais su pourquoi —une deses bottes à chaque main.Je crois, Dieu me pardonne,qu’on allait le fusiller sommairement dans un coin,sans conseil de guerre et sans aumônier.
Faire entendre raison à ces soldats excités, meservir de mon autorité d’officier pour les forcer àlâcher leur proie, il n’y fallait pas songer. Je pris unautre système. Je me mis à jurer comme un templier,à boxer comme un Londonien, et je distribuai à droiteet à gauche de fortes taloches dans le peloton. Ce futsuffisant. On relâcha mon Joseph. Il ne m’a jamaispardonné cette mésaventure.
J’étais en train de le consoler, lorsque le généralSchmitz survint encore une fois.
— Cher ami, me cria-t-il de loin, plus de chevaux,plus de selles anglaises ; télégraphiez à votre domesti-que qu’il n’acliète rien. — Comme cela se trouvait!— Nous rentrons à Paris. Le général Trochu estnommé gouverneur de Paris, il m’emmène commechef d’état-major. Le décret est signé.
Et il me montra un papier sur lequel je lus :
« Napoléon, etc.