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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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LE CAMP DE CIÏALONS.

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chant consciencieusement notre langage avec sonhorrible accent anglais.

Il nen avait pas fallu davantage; on lavait prispour un espion prussien. A ses supplications, à laffir-mation de sa nationalité neutre, on avait réponduinvariablement: « Ne fais donc pas le malin. Si tuparles anglais, cest que tu es Prussien. »

Et il sen allait houspillé, frappé, maltraité, piedsnus, et tenant,je nai jamais su pourquoiune deses bottes à chaque main.Je crois, Dieu me pardonne,quon allait le fusiller sommairement dans un coin,sans conseil de guerre et sans aumônier.

Faire entendre raison à ces soldats excités, meservir de mon autorité dofficier pour les forcer àlâcher leur proie, il ny fallait pas songer. Je pris unautre système. Je me mis à jurer comme un templier,à boxer comme un Londonien, et je distribuai à droiteet à gauche de fortes taloches dans le peloton. Ce futsuffisant. On relâcha mon Joseph. Il ne ma jamaispardonné cette mésaventure.

Jétais en train de le consoler, lorsque le généralSchmitz survint encore une fois.

Cher ami, me cria-t-il de loin, plus de chevaux,plus de selles anglaises ; télégraphiez à votre domesti-que quil nacliète rien. Comme cela se trouvait! Nous rentrons à Paris. Le général Trochu estnommé gouverneur de Paris, il memmène commechef détat-major. Le décret est signé.

Et il me montra un papier sur lequel je lus :

« Napoléon, etc.