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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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A TRAVERS PARIS.

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acclamait Marie Sass, qu’on forçait à chanter la Mar-seillaise; on acclaipait Capoul, qui devait lui aussi faireconcurrence à Marie Sass. A l’Opéra, même entrain :tantôt Marie Sass, en déesse de la Liberté, tantôtDevoyod, en zouave, entonnaient le chant patriotique.

On s’arrachait les journaux, qui publiaient éditionsur édition, et dont les correspondants, répandus auhasard au milieu des armées, racontaient leurs impres-sions et leurs aventures.

Et au milieu de ces foules nerveuses les dépêchesse succédaient, obscures, distillant goutte à gouttenos désastres, puis, tout à coup, plus claires, parlantd’un petit succès, des pertes immenses des Allemands,de leurs cruautés, de leurs exactions. Tantôt on seréjouissait, on courait aux fenêtres pour y planter desdrapeaux, y allumer des lampions. Une demi-heureplus tard, nouvelle dépêche. On arrachait les dra-peaux, on soufflait sur les lampions. Il régnait, à lasuite de ces soubresauts continuels, une fièvre, unenévrose, un épouvantable désordre intellectuel au mi-lieu de cette population impressionnable comme unefemme. — Les Prussiens n’avancent plus. On respire.— Nancy a été pris par quatre uhlans. On tressailleet on s’indigne. — Les cuirassiers blancs ont été ex-terminés à Borny ; il n’en reste plus un. Hélas ! il enrestait encore beaucoup. — Trente mille Prussiensont été engloutis dans les carrières de Jaumont, oùils ont été poussés par Canrobert. Toutes les têtessont en l’air.

Personne n’aja«iais entendu parler de ces carrières.