Ûa JOURNAL D ON OFFICIER n’oRDONNANCË.
Vérification faite, elles n’existent pas. — Le princeAlbert de Prusse a été tué, son cercueil couvert develours noir lamé d’argent traverse les lignes prus-siennes. Encore un conte. Enfin, la veille du jour oùelles devaient publier la nouvelle de la catastrophe deSedan, les feuilles parisiennes annonçaient avec satis-faction que le roi de Prusse était devenu fou. Com-ment ne pas devenir absolument épileptique dans desconditions pareilles ? Ce qu’il y eut d’étonnant, c’estque quelques-uns conservaient encore leur bon sensen ces jours terribles.
Et ce n’était pas seulement dans les classes popu-laires que se manifestait une fâcheuse effervescence.Les classes élevées, éclairées, n’étaient pas exemptesde ce mal nerveux. On entendait des hommes graves,bien posés, riches, intelligents, déclarer que nosdéfaites sur le Rhin étaient en quelque sorte provi-dentielles, en ce qu’elles attiraient chez nous toutesles armées prussiennes, qui trouveraient en Franceleur tombeau. Et aux dépêches annonçant ici quatre-vingt mille, là cent cinquante mille, plus loin douxcent mille Allemands, ils répondaient imperturbable-ment : « Tant mieux, tant mieux ! Plus il en entre,moins il en sortira. » Girardin pariait vingt mille francscontre un colonel prussien, Von Holstein, que lesPrussiens n’entreraient pas à Paris. Et le colonel luiadressait une lettre où il semblait que retentît déjàle glas de la défaite finale.
« Nous vaincrons, disait le Prussien : 1° parce quenous avons l’appui moral de l’Europe ; 2° à cause de