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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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Ûa JOURNAL D ON OFFICIER noRDONNANCË.

Vérification faite, elles nexistent pas. Le princeAlbert de Prusse a été tué, son cercueil couvert develours noir lamé dargent traverse les lignes prus-siennes. Encore un conte. Enfin, la veille du jourelles devaient publier la nouvelle de la catastrophe deSedan, les feuilles parisiennes annonçaient avec satis-faction que le roi de Prusse était devenu fou. Com-ment ne pas devenir absolument épileptique dans desconditions pareilles ? Ce quil y eut détonnant, cestque quelques-uns conservaient encore leur bon sensen ces jours terribles.

Et ce nétait pas seulement dans les classes popu-laires que se manifestait une fâcheuse effervescence.Les classes élevées, éclairées, nétaient pas exemptesde ce mal nerveux. On entendait des hommes graves,bien posés, riches, intelligents, déclarer que nosdéfaites sur le Rhin étaient en quelque sorte provi-dentielles, en ce quelles attiraient chez nous toutesles armées prussiennes, qui trouveraient en Franceleur tombeau. Et aux dépêches annonçant ici quatre-vingt mille, cent cinquante mille, plus loin douxcent mille Allemands, ils répondaient imperturbable-ment : « Tant mieux, tant mieux ! Plus il en entre,moins il en sortira. » Girardin pariait vingt mille francscontre un colonel prussien, Von Holstein, que lesPrussiens nentreraient pas à Paris. Et le colonel luiadressait une lettre il semblait que retentît déjàle glas de la défaite finale.

« Nous vaincrons, disait le Prussien : 1° parce quenous avons lappui moral de lEurope ; 2° à cause de