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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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A TRAVERS PARIS.

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Nous le crûmes un instant. Mais l’Italie ne pensaitguère à ceux qui l’avaient faite. Elle armait pour con-quérir Rome.

Nous étions livrés à nos propres forces, et petit àpetit les soldats de l’armée active encore casernésà Paris s’acheminaient vers le Nord. On n’osait pasconfier leur service d’ordre à la mobile, toujourscampée à Saint-Maur. Le général passa en revue cettejeune troupe le 25 août, au milieu d’un grand enthou-siasme. Les bataillons défilèrent pendant deux heuresdevant lui en criant : « Vive Trochu 1 » 11 saluait et sou-riait. Il me sembla pourtant qu’il se contraignait pourêtre aimable, et qu’il eût préféré voir marcher devantlui des troupes silencieuses. Tons ces cris sentaientl’émeute.

En revenant, nous croisâmes, presque à la porte duLouvre, une civière sur laquelle on transportait unvieux général qui nous sembla d’une pâleur mortelle.

— Allez, me dit le gouverneur, vous informer deson nom et savoir à quelle affaire il a été blessé.

Je piquedes deux, je rejoins la civière,je mets le képià la main, et j’interroge. Le pauvre général m’avouaen balbutiant, avec embarras, qu’il était tombé decheval. Trochu haussa les épaules et rentra chez lui.

L’éventualité du siège, les préparatifs de ravitaille-ment, avaient amené un mouvement extraordinaire.Un double courant traversait Paris : les uns partaient,les autres arrivaient. Le gouverneur avait signé unarrêté expulsant les gens sans moyens d’existence oudangereux pour la sécurité : il resta lettre morte. Un