51 JOURNAL I>’UN OFFICIER D’ORDONNANCE.
stallation d’un bétail nombreux, on parqua toutes cesbêtes dans le bois de Boulogne, le bois de Yincenneset les squares. L’herbe des pelouses ne fit pas longfeu. En même temps que les bestiaux rentraient, legouverneur décidait l’expulsion de tous les étrangers,bouches essentiellement inutiles. La mesure, à làveille d’un siège possible, était légitime et prudente,Elle fut approuvée et exécutée.
Je m’aperçois que jusqu’ici j’ai à peine parlé de laChambre des députés, qui tenait cependant de conti-nuelles et orageuses séances, et de l’Impératrice ré-gente. J’avoue que mon service ne me conduisant pasà la Ghambre, mon goût ne m’y portait point non plusaux rares heures de désœuvrement. Je n’ai jamais pucomprendre l’utilité des Chambres en de semblablescirconstances, et il me semble que lorsque le canonparle, c’est bien le moins que les avocats se taisent.D’ailleurs l’obligation pour les ministres d’aller passerde longues heures sous le feu des attaques de l’oppo-silion, les trouble, leur fait perdre le sang-froid,et les empêche de travailler. Quant à l’Impératricerégente, j’expliquerai tout à l’heure quelle fut sonattitude vis-à-vis du gouverneur imposé à l’Empereurpar l’opinion publique, et nommé par lui avec laseerète et assez compréhensible arrière-pensée de pro-fiter de sa popularité momentanée, et on comprendraqu’entre le Louvre, où logeait le général Trochu, etles Tuileries, il y avait un fossé rarement franchi parle général, et, en.tout cas, à contre cœur, par devoir,sans entraînement,