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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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UN DIPLOMATE AMATEUR.

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correspondant sur lautre rive, je métais présenté àlentrée du pont sans quaucun officier vînt à ma ren-contre, et les sentinelles tiraient sur mon trompetteet sur moi au visé. Je les voyais tranquillement recti-fier peu à peu leur tir, dabord hâtif et maladroit, etsi jétais resté, jaurais été infailliblement atteint.Je dus me retirer, et faire mon rapport au chef détat-major général. Une correspondance suivie sétablità ce propos entre Versailles et Paris, et sempila bien-tôt sur le bureau du général Schmitz. Les Allemandsprétendaient que jamais ils navaient tiré sur un par-lementaire français, et quau contraire les Françaistiraient toujours sur les leurs. Peut-être étaient-ilsdans le vrai, sauf le mot toujours; peut-être quelquejeune soldat inexpérimenté, quelque franc-tireur,avait-il canardé, sans latteindre, un parlementaireprussien. Dans tous les cas, les notes militaires quiséchangeaient à ce propos étaient sans aucune espècede sanction, et le va-et-vient de dépêches pouvaitdurer indéfiniment.

Nous en étions, lorsque jeus à reconduire legénéral Burnside jusquau pont de Sèvres, jusquà lapetite barque, amarrée à la rive française, qui devaitle transporter sur lautre bord.

Après la sonnerie traditionnelle, après la réponsede lennemi, je donnai la main au général pour quilescaladât la barricade. A peine était-il en vue quequatre coups de fusil retentirent, et les balles, sifflantà nos oreilles, senfoncèrent avec un bruit effrayantdans les douves des tonneaux.