LE TRENTE ET UN OCTOBRE.
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et la lie de la population parisienne. Seulement lacroûte ne disait rien, et la lie n’avait pas encore remuésérieusement.
Elle allait remuer.
Les personnages cpii entouraient Trochu n’étaientpoint faits pour exciter les enthousiasmes et souleverles acclamations. On les aceptait, nul n’était tenté deles adorer.
J’excepte cependant deux hommes, l’un dans legouvernement, l’autre dans le ministère : Rochefort etDorian. Rochefort avait été, avec Trochu, l’homme leplus populaire des commencements de la guerre. Il yavait une nuance toutefois : Trochu avait pour lui lestrois couches, Rochefort n’en avait que deux : lacroûte lui résistait. 11 sut sortir assez à temps du gou-vernement pour conserver à peu près intacte la faveurpublique. Sa démission est en date du 29 octobre.
Quant à Dorian, il affectait avec raison, et quoiquerépublicain, de n’être point un homme politique, et,cantonné dans son ministère des travaux publics, ilrestreignait ses pensées et son action à la défensenationale dont il fut un merveilleux ouvrier, fondantdes canons, fabriquant des affûts, produisant desmunitions. Les masses, môme les plus stupides etles plus violentes, avaient conservé, je ne sais parquel prodige, assez de bon sens pour apprécier cetravailleur infatigable, et lui faire, dans leurs dévo-tions, une place à côté des pires énergumènes, aveclesquels, d’ailleurs, sa personnalité jurait absolu-ment.
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