LE TRENTE ET UN OCTOBRE.
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Maintenant, il faut savoir ceci. Les avant-postesfrançais et les avant-postes allemands ne passaientpoint tout leur temps à s’entre-tuer. Presque toujourson se tenait hors de portée l’un do l’autre. Et souvent,individuellement, quand la surveillance des officiersn’était point à craindre, on se rapprochait, non pasprécisément pour fraterniser, mais pour se rendrequelques petits services, pour se livrer à quelqueséchanges.
Non seulement les sentinelles prussiennes ne ti-raient point toujours sur les maraudeurs françaisqui allaient déterrer des pommes de terre ou desoignons oubliés dans les champs dévastés, mais ellesles forçaient parfois à leur livrer ou même à leurvendre le produit de leur périlleuse journée.
Les sentinelles perdues s’abouchaient aussi parfoisdes deux côtés pour se donner une pipe de tabac.Cela paraît invraisemblable, et cela est pourtant.Ou bien l’Allemand, qui aimait le lard et qui n’en avaitpas, troquait sa viande fraîche contre un morceau doporc salé.
Enfin, je le répète, et j’en sais quelque chose,quoique sévèrement et naturellement défendus, lescontacts individuels étaient plus fréquents qu’on nele supposait.
Dès lors, il a très bien pu se faire qu’un fantassinallemand, traitant avec un fantassin français, lui aitdit :
— Vous savez, il y a des camarades venus de Metz.Dazaine va capituler.