222 JOURNAL d’üN OFFICIER D’ORDONNANCE.
aux différents ministères et à la Préfecture de police,les membres du gouvernement arrivaient individuel-lement les uns après les autres, et discutaient dans la j
salle habituelle de leurs séances, c’est-à-dire dans le ?
salon jaune. Le préfet de police, M. Edmond Adam,laissant sa préfecture défendue par la garde républi- ^caine, était venu les rejoindre.
Petit à petit les gardes nationaux deviennent plus jnombreux et plus menaçants sur la place. Les crisde : Vive la Commune ! redoublent. Aux portes, lesplus exaltés sont déjà massés, et, se déléguant eux-mômes comme il arrive toujours, réclament qu’onreçoive une députation du Peuple, qui veut parlerau Gouvernement.
Il est une heure. Une porte est entre-bâillée, on nesait par qui; elle est violemment poussée, s’ouvre et Jlaisse passer la prétendue députation avec un premierflot populaire. On réussit cependant à refermer laporte.
Il y avait bien là environ mille personnes. Ellesenvahissent la grande salle en vociférant.
Le gouvernement n’est pas au complet. 11 manqueJules Favre, que Ferry vient d’aller chercher au minis-tère des affaires étrangères, et Picard. 9
En attendant ces trois personnages, et pour fairepatienter le morceau de peuple qui est là, Aragolaisse ses maires et pénètre dans la salle, suivi de sesadjoints. Floquet, Brisson, Hérisson, Chaudey etTirard se joignent à eux.
Arago tonne, monté sur un tabouret. Il demande la