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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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LE TRENTE ET UN OCTOBRE.

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patience, il réclame la confiance, l’union, l’ordre, d’unevoix qui couvrirait le bruit d’une batterie. On lui ré-pond en criant : « La Commune! la Commune! »

— C’est bien, dit-il, je vais porter vos vœux au gou-vernement.

Il part. Les personnages qui l’avaient accompagnélui succèdent sur le tabouret oratoire, et notammentBrisson et Floquet.

— Nous aussi, disent-ils, nous voulons les électionsmunicipales. Nous aussi, nous repoussons l’armistice.

Ils n’obtiennent ni le silence ni l’ordre. On leurcrie : « Nous voulons la Commune. » Ils répondent :« Nous voulons les élections municipales. » Et toutle monde s’obstine dans un entêtement de mules,sans qu’un homme d’esprit se trouve là pour dire :« Mais, citoyens, c’est la même chose. »

Cet homme d’esprit allait arriver.

Les membres du gouvernement prient Rochefort,le populaire Rochefort, Rochefort, leur ancien col-lègue, venu auprès d’eux aux nouvelles, d’aller parlerau peuple. Il sort un instant, rentre en compagnie deSchœlchcr et dit à ses collègues :

— Ils veulent les élections municipales. Êtes-vousdécidés à les leur accorder? Voilà le nœud de laquestion.

— Oui, répond-on autour de la table du gouver-nement.

Rochefort revient dans la grande salle, monte surune table et déclare, au nom du gouvernement, queles élections municipales auront lieu immédiatement.