LE TRENTE ET UN OCTOBRE.
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la perte du Bourget était une trahison, que l’armisticeétait une trahison, que le peuple de Paris voulaiten finir avec ces éternelles temporisations, nommerune municipalité, se protéger lui-même et déchargerainsi le gouvernement de la moitié d’un fardeau troplourd pour ses épaules.
Trochu répondit, et, comme toujours, sans se laisserémouvoir par les interpellations et les interruptions,il entama un discours aussi long qu’intéressant.
Il ne s’agissait pas de capituler, mais de négocier,et de négocier en ravitaillant Paris. Il fallait êtresecouru par les départements, et le meilleur moyend’obtenir ce secours était de nommer une Assemblée.Il avait rendu Paris imprenable. Il en répondait.Quant au Bourget, sa perte n’avait aucune importance,puisqu’il n’était pas dans le plan de défense, puisqu’ilaurait fallu l’abandonner quand même. Au surplus,le gouvernement allait délibérer sur les vœux qu’onlui soumettait, et saurait allier les désirs de la popu-lation avec son devoir sacré et primordial, qui étaitla défense de la capitale.
Violemment interrompu, le général fut hué à lasuite de ce discours. Il se fâcha, et bousculant toutsur son passage, encore couvert par le prestige del’uniforme qui empêcha ces imbéciles féroces de por-ter la main sur lui, il put rentrer dans la salle du gou-vernement avec ses deux officiers, qui se placèrentderrière son fauteuil.
Le gouvernement commença à délibérer au grandcomplet, sur la question des élections. Parallèlement
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