Buch 
Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
Entstehung
Seite
225
JPEG-Download
 

LE TRENTE ET UN OCTOBRE.

225

la perte du Bourget était une trahison, que larmisticeétait une trahison, que le peuple de Paris voulaiten finir avec ces éternelles temporisations, nommerune municipalité, se protéger lui-même et déchargerainsi le gouvernement de la moitié dun fardeau troplourd pour ses épaules.

Trochu répondit, et, comme toujours, sans se laisserémouvoir par les interpellations et les interruptions,il entama un discours aussi long quintéressant.

Il ne sagissait pas de capituler, mais de négocier,et de négocier en ravitaillant Paris. Il fallait êtresecouru par les départements, et le meilleur moyendobtenir ce secours était de nommer une Assemblée.Il avait rendu Paris imprenable. Il en répondait.Quant au Bourget, sa perte navait aucune importance,puisquil nétait pas dans le plan de défense, puisquilaurait fallu labandonner quand même. Au surplus,le gouvernement allait délibérer sur les vœux quonlui soumettait, et saurait allier les désirs de la popu-lation avec son devoir sacré et primordial, qui étaitla défense de la capitale.

Violemment interrompu, le général fut hué à lasuite de ce discours. Il se fâcha, et bousculant toutsur son passage, encore couvert par le prestige deluniforme qui empêcha ces imbéciles féroces de por-ter la main sur lui, il put rentrer dans la salle du gou-vernement avec ses deux officiers, qui se placèrentderrière son fauteuil.

Le gouvernement commença à délibérer au grandcomplet, sur la question des élections. Parallèlement

13 .