226 JOURNAL d’üN OFFICIE' D’ORDONNANCE.
à lui, les maires délibéraient sous la présidenced’Arago, et en bas le premier flot d’envahisseurs encoreséparé de la foule, qui continuait à vociférer sur laplace de l’Hôtel-de-Ville, faisait, comme on dit vulgai-rement, du boucan.
Le gouvernement oubliait que quelques-uns de sesmembres s’étaient engagés, par l'organe de Rochefort,à accepter les élections, et la majorité s’y montraithostile, soutenant, avec assez de raison, d’ailleurs, quec’était créer l’anarchie, et que la Commune installée,le gouvernement de la Défense nationale n’avait plusqu’à vider les lieux. Arago vint encore une fois lesupplier de déférer aux vœux des maires et d’accor-der les élections.
On lui répondit qu’on allait aviser, et tout terminerselon le désir de la population. Les élections étaientacceptées. Arago alla porter ces bonnes paroles auxmaires.
II était trois heures et demie, et Plourens n’avaitpas encore donné.
A ce moment, il arrivait sur la place, à la tête de6es bataillons, crosse en l’air, et venait se heurter auxportes fermées de l’Hôtel de Ville.
Le commandant Dauvergne veut repousser cettetroupe, il reçoit un coup de poing sur l’œil. Il veuttirer son sabre, on le lui arrache des mains.
On tire des coups de fusil dans la serrure de laporte principale de l’Hôtel de Ville. On travaille cetteporte avec les crosses des fusils. Elle finit par céder,Flourens entre à la tête de ses hommes,