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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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ÉLECTIONS ET NÉGOCIATIONS.

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serait une naïveté. Dire quil la voulait quand mômeet à outrance serait une injustice.

Quand un joueur sassied à une table de baccaraavec quelques billets de mille francs et se dit : Je vaisfaire sauterla banque,généralement il sen va décavé.

Quand, au contraire, il a assez dempire sur lui-même pour calculer ses audaces et se tenir prêt à laretraite, il réussit presque toujours. M. de Bismarckest avant tout ce joueur.

Au mois de juillet, quand Benedetti discutait, onpassa alternativement, aussi bien à Ems quà Paris,par toutes sortes dopinions opposées. Un jour ondisait : « Cest la guerre » ; et il semblait aussitôt quele vieux de Moltke rajeunissait; ses rides disparais-saient, sa figure devenait jeune, sa taille se redres-sait. Le lendemain on disait : « Décidément cest lapaix » ; et de Moltke immédiatement de se courber,de se casser, de vieillir.

Après Sedan, le comte de Bismarck se serait volon-tiers arrêté, et probablement contenté de Strasbourgavec une indemnité. Cétait déjà joli. Lorsquen pré-sence de M. de Moltke inquiet, pressant linstallationde ses batteries au bord de la grande cuvette au fondde laquelle sagitait notre armée démoralisée, et espé-rant la foudroyer,le chancelier demanda à Napoléon 111 :

Sire, est-ce votre épée que vous rendez, ou bienlépée de la France?

Il comptait que lEmpereur allait répondre

Cest lépée de la France.

A, Empereur répondit :