ÉLECTIONS ET NÉGOCIATIONS.
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serait une naïveté. Dire qu’il la voulait quand mômeet à outrance serait une injustice.
Quand un joueur s’assied à une table de baccaraavec quelques billets de mille francs et se dit : Je vaisfaire sauterla banque,—généralement il s’en va décavé.
Quand, au contraire, il a assez d’empire sur lui-même pour calculer ses audaces et se tenir prêt à laretraite, il réussit presque toujours. M. de Bismarckest avant tout ce joueur.
Au mois de juillet, quand Benedetti discutait, onpassa alternativement, aussi bien à Ems qu’à Paris,par toutes sortes d’opinions opposées. Un jour ondisait : « C’est la guerre » ; et il semblait aussitôt quele vieux de Moltke rajeunissait; ses rides disparais-saient, sa figure devenait jeune, sa taille se redres-sait. Le lendemain on disait : « Décidément c’est lapaix » ; et de Moltke immédiatement de se courber,de se casser, de vieillir.
Après Sedan, le comte de Bismarck se serait volon-tiers arrêté, et probablement contenté de Strasbourgavec une indemnité. C’était déjà joli. Lorsqu’en pré-sence de M. de Moltke inquiet, pressant l’installationde ses batteries au bord de la grande cuvette au fondde laquelle s’agitait notre armée démoralisée, et espé-rant la foudroyer,le chancelier demanda à Napoléon 111 :
— Sire, est-ce votre épée que vous rendez, ou bienl’épée de la France?
Il comptait que l’Empereur allait répondre
— C’est l’épée de la France.
A, Empereur répondit :