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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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240 JOURNAL düN OFFICIER DORDONNANCE.

Je suis personnellement votre prisonnier. Quantà la paix, cela regarde le gouvernement de Paris.

Et un sourire de satisfaction dérida la face ascétiqueet monacale du chef du grand État-major. Il fallaitcontinuer.

A Ferrières, M. de Bismarck naurait point repousséla paix. Mais ses exigences avaient augmenté, et ce futJules Favre qui les jugea intolérables.

Quinze jours plus tard, aux premiers jours doctobre,lorsque le général Burnside vint à Paris, le succès desa mission tout officieuse naurait point déplu au chan-celier. Sa veine continuait. Le comte de Bismarckpoussait encore une masse. Mais il aurait volontiers« étouffé » le gain énorme déjà réalisé.

En ces premiers jours de novembre, en face deM. Thiers, il obéissait au même sentiment de pru-dence et de relative modération. Sans lui faire peur,Gambetta linquiétait. Il ne savait au juste combiende temps Paris pourrait tenir, et plusieurs fois déjàdes signes dimpatience lui avaient échappé.

Vous verrez, avait-il dit, que nous serons encoreici au printemps.

Pour simaginer quà cette époque il eût été aussiexigeant quil le fut trois mois plus tard, pour sima-giner que, soit sous la forme territoriale, soit sousaforme pécuniaire, soit peut-être sous les deux formes,nous naurions pas été mieux traités, il faudraitprouver que la reddition de Paris, lécrasement délinitifdes armées de province, au sud, à lest, à louestet au nord, et enfin la conclusion des conventions qui