242 JOURNAL d’üN OFFICIER ^ORDONNANCE.
accorder la paix à des gens qui s’entre-déchiraient?Quoi ! on allait renoncer à la gloire de prendre Paris,üoquant un gouvernement d’émeutiers à peu près rai-sonnables contre un gouvernement d’émeutiers encorepires; au moment où la défense allait être paralysée,et l’armée régulière de Paris occupée peut-être à sebattre contre la garde nationale? Quoi, enfin ! on allaitnégocier, comme on négocie avec un grand peuple,avec des gens qui s’entre-tuaient, et dontla moitié allaitpeut-être venir demander le secours des Allemandscontre l’autre moitié! On était bien bon, vraiment!On était plus que bon, on était dupe... On était fou!
Le jeudi matin, M. de Bismarck fut appelé chez leroi. 11 discuta d’abord, se soumit ensuite, et retournachez lui où M. Thiers vint le trouver.
Là, il lui parla des troubles de Paris que le négo-ciateur ignorait absolument. Car les amateurs quigouvernaient et qui avaient transigé avec l’émeute,n’avaient pas même eu l’idée élémentaire d’envoyerun parlementaire chargé de dire à leur représentant :« Vous savez, ce n’est rien, nous sommes toujours làet plus forts que jamais. » C’était bien trop simple.
Sans nouvelles, se demandant si les gens qui luiavaient donné ses instructions et confié son mandatexistaient encore, M. Thiers devint une proie facilepour le chancelier résigné à continuer la guerre, ilsuffit à ce dernier do faire avancer des argumentsnouveaux, comme M. de Moltke poussait des troupesfraîches. Il demanda des garanties militaires, un fortou deux. C’était demander Paris.