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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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244 JOURNAL duN OFFICIER üORDONNANCE.

mais pas les boulets ni les balles. On nest pas par-fait! Étant donnée sa situation, il avait bien raison.Les gens qui se font tuer nont dautre but ici-bas quedédifier la fortune des avocats et des rhéteurs. Cenest pas le chien qui mange le gibier. On ne peut pasÊtre chien et chasseur à la fois.

Donc, M. Thiers revint à Sèvres, vit Jules Favre.Le gouvernement délibéra, rejeta larmistice avec lesaggravations que désirait M, de Bismarck, et renvoyaM. Thiers en province.

Il ne faudrait pas croire que si sa mission eût réussi,elle eût mécontenté lopinion des classes moyennes dela capitale, les plus nombreuses et les seules réelle-ment intéressantes. Ces classes étaient parfaitementrésignées à une paix honorable, et commençaient àtrouver que le siège durait bien longtemps, toutesprêtes, dailleurs, à subir, comme elles lont fait, denouvelles angoisses et de nouvelles privations, dèsquelles crurent que lhonneur commandait de tenirencore, et que tout nétait point désespéré.

Larmistice neût mécontenté que quelques mili-taires qui sillusionnaient encore, quelques patriotesexaltés, quelques républicains tenaces qui, aprèsavoir admis que lEmpire devait perdre la France, nepouvaient pas admettre que la République ne dût pasla sauver, et enfin la canaille du 31 octobre qui, elle,ne désirait pas la paix, car elle ne se battait pas contrele Prussien ; on la nourrissait à ne rien faire, et elleaimait son fusil parce quelle espérait sen faire unoutil daffranchissement, de jouissance et de paresse.