246 JOURNAL d’üN OFFICIER D'ORDONNANCE.
procéder aux élections municipales, disaient les gou-vernementaux; aux élections de la Commune, disaientles autres. Les maires, réunis à l’Hôtel de "Ville, enavaient ainsi décidé, et le gouvernement avait con-senti. Des affiches en ce sens furent même placardées,qui furent désavouées ensuite.
Le lendemain, il s’agissait de se prononcer par OUIou par NON sur la question de savoir si les électionsauraient lieu bientôt.
Le surlendemain, il s’agissait d’autre chose encore;ceux qui voulaient conserver le gouvernement de laDéfense devaient voter OUI, les autres devaient voterNON.
OUI1 NON!... Mais je connaissais cela. C’était leplébiscite...
Mon Dieu, oui, le plébiscite organisé par les anti-plébiscitaires. Le OUI, sollicité par les partisans duNON. Les bottes de Bonaparte chaussées par lesavocats.
Rien n’y manqua, pas même le vote de l’armée.
Au mois de mai, le plébiscite impérial avait eul’inconvénient de révéler, à un homme près, le nom-bre de nos soldats à l’Allemagne, à notre rivale. Onavait trouvé cela absurde et dangereux.
Au mois de novembre, c’est-à-dire six mois plustard, jour pour jour, le plébiscite républicain révéla,à un homme près, à notre rival devenu notre assié-geant, le nombre de nos défenseurs. Le gouverne-ment, composé de ceux qui avaient justement trouvéçn mai le vote de l’armée absurde et dangereux,