PARIS.
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tique, les obus allemands éventraient à quelques cen-taines de mètres de véritables enfants.
Je me souviens encore d’avoir reçu la lettre suivantede faire part, d’un si saisissant laconisme :
Monsieur et madame Jules Legendre ont la douleur devous faire part de la mort de leurs filles Alice, âgée de13 ans et demi, et Clémence, âgée de 8 ans,frappées par unobus prussien.
J’ai dit deux mots déjà des admirables et pauvresfemmes qui stationnaient à la porte des bouchers etdes boulangers. Et les autres ? me direz-vous. Ellesétaient toutes sublimes ou charmantes.
Il y avait les ambulancières, d’abord. Je n’ai pasl’intention de dresser la liste de toutes les ambulancespubliques ou privées, ni même de conduire mes lec-teurs au palais de l’Industrie, où l’arsenal général dela lingerie était installé et où le coup d’œil était desplus étranges et des plus grandioses. Je veux seule-ment rappeler que les Parisiennes les plus distin-guées tinrent à honneur de porter le tablier blanc,actrices aussi bien que bourgeoises et grandes dames.Je n’oserais citer des noms, de peur d’en oublier. Jeferai une exception cependant en faveur de cettefemme aimable et tout à fait supérieure qui s’appelleM mc Adam. Soit comme particulière, soit commefemme d’un des premiers fonctionnaires de la ( apitale,pendant que son mari fut préfet de police, elle seconsacra avec l’ardeur qu’elle apporte en touteschoses, non seulement au soulagement des blessés,