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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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VILLIERS-CIJAMPIGNY.

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les yeux, pose doucement à terre la tête de sonmobile et vient à moi.

— Avez-vous vu le gouverneur?

— Oui, monsieur l’aide de camp, me dit-il, il estlà-bas, à cinq ou six cents mètres d’ici, tout à faitperpendiculairement à cette route.

— Merci.

Et je pars. Au bout de quelques pas, je me retournesur ma selle. Il a repris son mobile et lui fait baiserson crucifix.

Ah! que c’est bête de vouloir supprimer cela, dechasser les aumôniers, et de n’avoir plus à offrir auxagonisants, au lieu des prières d’antan, qu’une Mar-seillaise avinée.

Qui expliquera le mystère de l’association desidées? Je pensai tout à coup, en le voyant ainsi àmoitié couché, les bras loin du corps, qu’effectivementil ressemblait assez à un corbeau, et le « couâ» stupidedu voyou parisien me traversa la cervelle.

— Pourquoi pas, après tout? me disais-je. C’est bientrouvé. Ces gens-là sont des corbeaux, mais de divinscorbeaux, qui s’abattent sur les champs de bataille,au milieu de la charogne humaine, pour picorer lesâmes.

Quelques instants après, j’avais enfin rejoint legouverneur; poussant mon cheval contre le sien,je lui répétai à l’oreille, mot pour mot, les parolesdu général Schmitz. Il me sembla qu’un éclair dejoie, sorti des yeux, illuminait un instant cette figuregrave, sévère. Cela dura une seconde seulement, puis