VILLIERS-CHAMFIGNY.
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Le 21 décembre, on se battit sur toute la moitiénord du périmètre de Paris,du Mont-Valérien à Nogent.Les Prussiens, qui avaient appris à reconnaître lessignes précurseurs des sorties, et notamment la fer-meture des portes qui les précédait, étaient partoutsur leurs gardes.
C’était forcé. Pour masser une troupe inexpérimen-tée et jeune, comme était la troupe française, il fautun temps infini. Les officiers improvisés ne compren-nent pas grand’chose. Les soldats improvisés ne com-prennent rien du tout. Ils ne sont jamais prêts. Onperd, à les aligner homme par homme, un tempsinfini. Et quand on a, tant bien que mal, casé toutson monde, quand on se met en marche, les colonness’enchevêtrent, les bataillons donnent les uns dansles autres, les convois, les batteries, bouchent lesroutes; c’est un fouillis nouveau dont il faut se dépê-trer.
En face de nous, avec trois mots, les chefs prussiensfaisaient évoluer leurs bataillons, leurs compagnies,sans désordre, sans à-coup, sans trouble, comme lesenfants qui s’amusent à concentrer ou à éparpillerune troupe de bonshommes de bois fixés sur untreillage mobile, qui s’allonge ou se raccourcit sousla pression de leùrs petites mains.
Les marins se battirent comme des diables auBourget, dans ce bourg fatal qui nous avait déjà coûtési cher et qui se trouvait maintenant faire partie duplan général de défense. Six semaines plus tôt, il ne fai-sait pas partie de ce plan. Pourquoi? je n’en sais rien.