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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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3)6 JOURNAL düN OFFICIER DORDONNANCE.

devoir être le dernier, le général Trochu descenditdu fort et vint au milieu des troupes, afin de lesanimer par sa présence. Il passait entre les différentscorps. Ici, les fantassins, un peu las, un peu dégoûtés ;, les gardes nationaux, dont quelques bataillonsavaient héroïquement fait leur devoir, mais dont lamajeure partie avaient couronné par une débandadeleurs longues et furieuses demandes de sortie torren-tielle. La ligne interpellait la garde nationale.

En avant! criait-elle, messieurs de la guerre àoutrance, cest le moment de vous montrer.

Et les messieurs de la guerre à outrance ne semontraient pas.

En quittant le champ de bataille, à la nuit, et aprèsavoir reconnu quil fallait encore abandonner lespositions conquises, les crêtes couronnés et menacéespar les réserves fraîches allemandes, le général, en-touré de ses officiers, suivi dune escorte, traversait unchamp sur lequel passaient en désordre des gardesnationaux rentrant à Paris.

Tout à coup, une voix cria : « Les uhlans ! lesuhlans! » Plusieurs coups de feu retentirent aussitôt.

Mais, cest moi, Trochu!... cria le général en sa-vançant. Ce fut inutile. La fusillade éclata, nourrie cettefois, et létat-major eut à supporter presque à boutportant le feu dune centaine dhommes avant que ceux-ci fussent revenus de leur erreur et de leur panique.

Lobscurité, heureusement, rendait les coups incer- *tains.

Nous en sommes quittes à bon marché, dit le gou-