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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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A VERSAILLES.

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eux sur lo pied d'égalité de personnes qui fumentensemble.

La négociation commença posément, doucement.Avec une franchise étonnante et une logique admi-rable, le chancelier disait simplement, sincèrement,ce qu’il désirait. Il allait toujours droit au but et inter-loquait à tout propos Jules Favre, habitué à ses finas-series d’avocat, au maquignonnage diplomatique, etne comprenant rien à cette loyauté parfaite, à celtefaçon superbe et peu conforme aux anciens erre-ments, de traiter les questions.

Le chancelier s’exprimait en français avec unefacilité que je n’ai guère trouvée que chez les Russes,qui s’assimilent notre langue avec tant de prompti-tude et de bonheur, et pour qui les difficultés deleur langage rendent jeu d’enfant l’étude des idiomesétrangers. Il se servait d’expressions à la fois élé-gantes et fortes, trouvant, sans effort et sans re-cherche, le mot propre qui classe une pensée, quidéfinit une situation.

Tout en tirant du portefeuille ministériel les piècesau fur et à mesure qu’on en avait besoin, et en écri-vant les notes que l’on me dictait, je me régalais decette leçon inattendue de rhétorique et de conver-sation.

Lorsqu’il fut question de Garibaldi et de l’armée deDijon, les yeux du chancelier brillèrent et prirenttout à coup l’expression d’une colère sauvage. On sen-tait qu’il comprimait avec peine des rancunes à la foisfranches et violentes.