A VERSAILLES.
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Je répliquai que c’était vrai, mais que, parmi ces di-visionnaires, il était le plus ancien comme brigadier.
Il n’y avait plus rien à répondre. La mission qu’onlui imposait était horrible, effrayante; certainement,elle devait coûter à son honneur de vieux soldat : maisce même honneur lui fît accepter le sacrifice qu’onlui demandait, lui fit comprendre que son devoirl’obligeait à se soumettre, à obéir.
Quelques heures plus tard, nous nous retrouvionsà Versailles, assis à la table de M. de Bismarck. Lepauvre général d’Hautpoul portait sur son visage latrace du combat terrible que s’étaient livré en lui-même sa fierté et son devoir. Ses traits étaient réel-lement décomposés, et il avait vieilli de dix annéespendant le trajet. Brusque, sombre, taciturne, il étaitassis, sa serviette sur les genoux, touchant à peineaux plats qu’on lui servait, la gorge serrée, et ne ré-pondant que par des monosyllabes aux questionsempreintes de courtoise sympathie et de déférenceque lui adressait le chancelier.
Il but coup sur coup trois grands verres d’eau, et, üla suite de je ne sais plus quelle observation faite parun officier allemand, il partit subitement, comme siun ressort s’était détendu en lui-même, et réponditvivement :
— Ah ! c’est bien heureux pour vous que noussoyons venus traiter, car nos troupes sont animéesd’excellents sentiments. Mes mobiles et mes gardesnationaux sont devenus de parfaits soldats, et s’iln’avait dépendu que de moi, au lieu de dîner ici
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