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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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368 JOURNAL düN OFFICIER DORDONNANCE.

blaient avoir totalement oublié : Fallait-il faire la paixou continuer la guerre ?

Je les aurais fait rire, si je leur avais parlé deces choses. Depuis longtemps ils pensaient, avec lamajorité des Français, et avec la presque-totalitédes militaires, quil fallait se.résigner à la paix.

Cétait fini; les négociations militaires étaient ter-minées, la convention darmistice avait été écrite endeux exemplaires. Jules Favre emporta le doubleécrit par le colonel prussien, afin de le soumettre àlacceptation définitive de ses collègues. Lautre,celui que javais écrit, resta entre les mains desAllemands.

Lorsque le gouvernement eut délibéré à lHôtel de"Ville, Jules Favre rapporta la convention signée, danssa serviette, et me chargea de la porter le lendemain,à la première heure, à M. de Bismarck. Je nai pasbesoin de dire que, quoique le pli dont jétais chargéfût cacheté, jen connaissais le contenu par cœur,mot à mot, puisque ce contenu mavait été dicté,puisque javais assisté à lenfantement laborieux dechacune des phrases de la convention.

Pendant que je men allais tout seul à Versaillesdans le coupé impérial, une idée folle me traversalesprit, y revint, et sy installa bientôt avec une dés-espérante obstination. Il sagissait pour moi dentre-prendre une petite négociation additionnelle, à mesrisques et périls.

Que puis-je risquer? me disais-je. Jamais M. deBismarck ne me croira assez daplomb pour supposer