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Tome premier.
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PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE PREMIER.

que la quantité d’eau enlevée par la vaporisation sur l’ensembledes mers et des océans leur esL intégralement rendue par lespluies et par l’apport des fleuves. L’évaporation est donc exacte-ment égale à la précipitation. « Tous les fleuves vont à la mer, adit l’Ecclésiaste dans un magnifique langage, et la mer ne débordepoint, et ils retournent aux lieux d’où ils sont sortis pour coulerde nouveau (i). » Cette égalité absolue et mathématique entrel’évaporation et la précipitation à la surface de notre globe est undes phénomènes les plus merveilleux qu’il soit donné à l’hommede concevoir et d’observer tous les jours ; et il est évident que,pour que les conditions extérieures de notre monde, pour que leslimites précises entre les mers et les continents se maintiennentdans leur état actuel, les choses ne peuvent pas se passer diffé-remment; car si l’un des deux phénomènes — l’évaporation oula précipitation — venait à l’emporter sur l’autre, on verraitinévitablement les mers abandonner leurs rivages et rétrogradervers le large, ou les eaux se gonfler, sortir de leurs lits, envahirtoutes les régions littorales et remonter très haut dans les vallées.

L’enveloppe gazeuse qui constitue notre atmosphère est doncanimée (sauf quelques perturbations locales, accidentelles, tellesque les orages, les tempêtes, les cyclones, dont les lois nouséchappent encore) de mouvements parfaitement réguliers ; et sonrôle véritablement admirable consiste à aspirer l’eau de nos mers,à soulever dans l’espace cette eau vaporisée et à la transporterdans les régions plus froides des deux hémisphères, où elle serésout en pluies et en neiges. Elle fonctionne, en un mot, commeune immense machine à vapeur ayant le soleil pour foyer calori-fique, l’océan Équatorial pour chaudière évaporatoire, les sommetsélevés des montagnes et les couches supérieures de l’espace pourcondensateurs (2).

Ainsi, on le voit, la forme, le relief, l’ossature des vallées sontdus aux plissements de l’écorce terrestre. Ces plissements ontdonné naissance à une série de pentes étagées depuis les régions

(1) Ecclés., 1, 7.

(2) F. Maury, Instructions nautiques, Washington-Paris, 1858-1859.