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Tome premier.
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PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE PREMIER.

terni sur deux ou trois kilomètres à partir de Villeneuve; ilreprend bientôt sa magnifique transparence, et le fleuve en sort,à Genève, limpide et décanté d’une manière parfaite.

Jusqu’à son entrée dans le lac, le Rhône n’était qu’un torrent.Là se termine sa première étape. Le véritable fleuve commence àla sortie même du Léman, au-dessous de cette admirable chuted’émeraude liquide dont aucune parole ne saurait peindre la mer-veilleuse beauté. Mais la pureté cristalline de cette eau de rocheest bientôt troublée ; et, deux kilomètres à peine en aval deGenève, le fleuve rencontre les eaux grises et boueuses de l’Arve,qui charrient toutes les boues glaciaires du massif du Mont-Blanc.Le Rhône semble tout d’abord vouloir se soustraire à ce contactimpur; et, sur plusieurs centaines de mètres, on voit les deuxcours d’eau couler côte à côte dans le même lit. L’Arve, troubleet jaunâtre, longe la rive gauche ; le Rhône, limpide et bleu, tientla droite, et la ligne de démarcation se dessine avec une parfaitenetteté. Mais les sinuosités du lit amènent peu à peu le mélangedes deux courants. C’en est fait, dès lors et pour toujours, de lapureté des eaux du Rhône ; on ne la retrouvera plus. De nombreuxaffluents viendront successivement lui apporter le tribut de leurseaux chargées de sable et de gravier.

L’Ain, la Saône, l’Isère, la Drôme, l’Ardèche, la Cèze, le Gardet surtout la Durance, pour ne parler que des principaux, finirontpar changer ce torrent d’eau limpide en un véritable fleuve deboue.

VII

La vallée du Rhône, d’abord encaissée dans le Valais et dansla traversée dès contreforts méridionaux du Jura français, s’ouvreaprès le défilé que domine le fort de l’Ecluse, suspendu aux escar-pements de la montagne du Credo (i).

(i) Altitude du Credo, 1,608 mètres.