LE RHONE PRIMITIF.
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masse, par son étendue, par le développement de ses plateaux, etforme une sorte d’immense toit sur les pentes duquel s’écoulentles eaux de fusion de ses neiges et de ses glaciers.
Comme l’Himalaya pour l’Asie, le Saint-Gothard est l’accidentdominateur de notre continent. On l’a appelé le « père des eaux »qui se répandent sur l’Europe occidentale. Le Rhône est un de sesenfants.
Toutes les ramifications de la chaîne des Alpes convergentautour du massif du Saint-Gothard, semblables à des avant-corps°u des ailes avancées. Deux de ces ramifications les plus puis-santes, les Alpes Bernoises et les Alpes Pennines, dessinent entreelles un profond et large pli de terrain ; ce sillon est la valléesupérieure du Rhône, le Valais, la vallée par excellence, Vallis.
Le fleuve la parcourt en droite ligne dans toute sa longueur etreçoit en route toutes les eaux qui s’échappent des vallées laté-rales. Sur un développement de plus de quarante lieues, il estainsi le colateur unique et le grand canal d’écoulage de tous lesglaciers, suspendus aux pics les plus élevés des Alpes, dont lafusion alimente une série de torrents à peine contenus depuisquelques années et toujours menaçants. Le Rhône n’est lui-m ême que le premier de ces torrents, le tronc principal auquelaboutissent toutes les branches. Quelques-unes, comme celles dela Viège et de la Dranse, ont un développement considérable. Lesea ux qu’elles roulent avec fracas, les terres qu’elles entraînent,l es fragments de roches qu’elles précipitent décuplent presque lev °lume du Rhône, dont le cours tumultueux ne commence às apaiser qu’aux approches de Saint-Maurice. Là, il dépose unenotable partie des matières minérales qu'il charrie et donne nais-s ance à une plaine submersible qui s’étend jusqu’à Villeneuve etse prolonge en talus doucement incliné au-dessous des eaux du
Léman.
Le fleuve serpente dans cette plaine basse du Valais, l'arrose,, a Pénètre, l’inonde, la nourrit et vient ensuite s’étaler en nappeJaunâtre à la surface azurée du lac. Le grand réservoir du Lémana bientôt épuré ces eaux boueuses ; et c’est à peine si le lac est