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Tome premier.
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PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE DEUXIÈME.

depuis l’archipel de la mer Égée jusqu’à Gibraltar. On est aussitrès fondé à croire que cette occupation ne fut pas limitée à quel-ques points du littoral ou à quelques comptoirs échelonnés dansla région maritime des grands fleuves.

La présence de leurs monnaies dans les vallées supérieuresdémontre qu’ils colonisèrent assez avant dans les terres et qu’ilsy firent un séjour prolongé. Ce qui le prouve mieux encore,c’est la fondation de ces villes héracléennes, c’est-à-dire tyriennes— Heraclea du Rhône, Heraclea Caccabaria du Var, PortusHerculis Monœci des Alpes-Maritimes, etc... — et surtout l’exis-tence encore reconnaissable de la grande route qui partait du Sudde l'Espagne, traversait les Pyrénées, côtoyait une partie de luMéditerranée gauloise, remontait la vallée du Rhône, franchissaitles Alpes au col de Tende et pénétrait en Italie (i).

III

Cette route magistrale, de beaucoup la plus longue et la pl uSancienne de l’Europe occidentale, ne fut dans le principe qu’unsimple frayé, pratiqué dès les premiers âges historiques par lesmigrations pélasgiques. Plus tard, le même frayé fut suivi et peut-être rectifié par les tribus ibériennes et ligures qui oscillaientle long de la région littorale dans un va-et-vient un peu confus.Les Phéniciens s’emparèrent ensuite de ce chemin rudimentaireet le transformèrent bientôt en une route régulière qui assura pn fterre la communication entre tous les ports naturels ou artificielsde la côte. Ce fut en réalité la doublure de leur ligne de cabotage-Elle existait, d’après Polybe, bien avant la seconde guerre

(i) ... Trafiquant d’une main et combattant de l’autre, ils pénétrèrent dansl'intérieur pour exploiter les mines d’or et d’argent que recélaient à fleur de terreles Pyrénées, les Cévennes et les Alpes ; ils construisirent, pour le service decette exploitation, une route d’une hardiesse et d’une solidité merveilleuses, q ulpartait des Pyrénées Orientales et allait descendre en Italie par le col de Tende.— (H. Martin, Hist. de France, t. I.)

Cf. Amédée Thierry, Hist. des Gaulois, t. I.