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PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE DEUXIÈME.
IV
I
Ce grand chemin de l’Espagne àl’Italie fut, sauf quelques légèresvariantes, celui que suivit l'armée d’Hannibal dans ce merveilleuxpassage à travers la Gaule, dont les historiens classiques nous ont jlaissé le récit si souvent commenté et si diversement interprété, jDe toutes les entreprises de cette nature, c’est certainement une ]de celles qui ont excité dans tous les temps et à plus juste titre..jl’admiration des hommes d’État et des hommes de guerre; etencore ne connaissons-nous qu’assez imparfaitement tous les faitsrelatifs à la grande épopée carthaginoise, et l’histoire et la fig ured’Hannibal ne sont-elles arrivées jusqu’à nous que par l’intermé-diaire de ses ennemis.
Presque tous les historiens militaires de l'antiquité et des tempsmodernes ont écrit sur Hannibal. Presque tous les grands capi-taines ont dit leur mot sur sa traversée du Rhône et sur son pas-sage des Alpes; et, à force d'en parler, on a fini par ne pl uSs’entendre.
Polybe et Tite-Live ouvrent la marche. A vrai dire, ce sontles deux sources principales auxquelles tout le monde a puisé.Eux seuls sont originaux. Tous les autres ne sont que des histo-riens de seconde main, des commentateurs ou des amplificateursqui n’ont fait bien souvent que délayer ou obscurcir le sujet.
Mais, comme Polybe et Tite-Live diffèrent sur quelques points,les écrivains et les géographes de tous les âges ont trouvé làmatière à discussion ; et ce sont ces divergences et ces contradic-tions entre les deux auteurs classiques, non moins que la grandeurdu sujet et la séduction irrésistible qu’exerce le héros de l adeuxième guerre punique, qui ont donné lieu à cette avalanche dedissertations et de commentaires dont il est peu probable que nousvoyions de sitôt la fin.
Il est malheureusement impossible d’accorder toujours Polyb e