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Tome premier.
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PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE DEUXIÈME.

secret de chimie, comme le feu grégeois , que les Phéniciensauraient légué aux Carthaginois et qui serait perdu depuis pl u 'sieurs siècles? Était-ce un similaire de la nitro-glycérine, base desdynamites dont nous faisons aujourd’hui un si grand usage? C’estaux sciences chimiques qu’il appartient de prononcer.

Quoi qu’il en soit, le vieux récit des historiens classiques con-cernant les procédés employés par Hannibal pour briser quelq ueSquartiers de roche dans les Alpes, a pu exciter l’étonnement e *même l’incrédulité. Il n’est pas cependant en désaccord avec l eSpratiques souvent employées à cette époque et attestées par destextes positifs.

L’armée touchait d’ailleurs au terme de ses épreuves. Elle des-cendit les flancs escarpés de la vallée de Prégalas, puis le coursdu Chisone. Quelques jours après, elle était dans la plaine du Pd>après avoir accompli un de ces prodiges militaires qui surpassaittout ce qu’on avait tenté jusqu’alors et qui n’a jamais été égalédepuis.

L’effort avait été, on peut le dire, surhumain. L’entrepn sesemblait impossible. Napoléon lui-même ne cessait d’admirer I egénie de cet homme « qui, à l’âge de vingt-six ans, eut la har-diesse de concevoir ce qui était à peine concevable, d’exécuter cequi devait paraître impossible, et qui, renonçant à toute commu-nication avec son pays, n’hésita pas à traverser des peuples incon-nus ou ennemis, à escalader les Pyrénées et les Alpes, en payantde plus de la moitié de son armée la seule acquisition de sonchamp de bataille, le seul droit de combattre (i) ».

Des 102,000 hommes qu’Hannibal avait réunis sur les bords del’Èbre, il ne lui restait déjà plus que 50,000 hommes de pied et9,000 chevaux après la traversée des Pyrénées. Le passage duRhône, quelques combats, des défections, des maladies eurentbientôt réduit ce chiffre à 46,000. — 20,000 hommes périrent enquinze jours dans les gorges des Alpes; c’est donc avec un effectif

(1) Mémorial de Sainte-Hélène, t. VIII.