238 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE DEUXIÈME.
XIII
La sensibilité des appareils limnimétriques permet encore dereconnaître des mouvements du lac bien autrement délicats et q ulsont dus à des causes tout à fait accidentelles, telles que les vibrations produites à d’assez grandes distances par le battillement desroues des bateaux à vapeur, par un brusque coup de vent d’orag eou par une pluie locale qui vient frapper violemment la surface dela nappe liquide.
Les faits suivants ont été régulièrement constatés.
« A peine le bateau à vapeur double-t-il le môle du petit p 01 ^d’Ouchy, au pied de Lausanne, pour se mettre en vue de Morg eS >qui est situé à neuf kilomètres, que le limnimètre de cette dernière station commence à vibrer, bien que le bateau ait encorebesoin de vingt-cinq minutes pour y arriver. Ces vibrations sontdes ondulations extrêmement longues, puisqu’elles durent une oudeux minutes, et très peu élevées, puisqu’elles ne soulèventcrayon de l’appareil que d’un millimètre ou deux tout au pl uS ’mais comme celui-ci est absolument soustrait à l’action des vag ue ®superficielles par la largeur du puits et l’étroitesse du cad’amenée, il est évident que la seule approche du bateau suffi*-pour sillonner le lac de grandes rides extraordinairement rapid eet larges, tellement aplaties qu’on ne peut les percevoir à l'oeil) esous l’influence desquelles des milliers et des milliers de vag uesuperficielles, quelque bouleversées qu’elles soient, quelque t° urmentées par le vent qu’elles puissent paraître, se haussent touteensemble d'un millimètre pour s’abaisser d’autant à la minute sUIvante.
« Un instrument aussi sensible que le limnimètre de M 0 ^ 6
dessine ainsi sous forme de dentelures très fines les vibrati° n
« antécédentes » d’un bateau à vapeur qui est encore à une
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tance de dix et même de quatorze kilomètres de l’appareil) c