Band 
Tome premier.
Seite
250
JPEG-Download
 

250

SECONDE PARTIE. — CHAPITRE DEUXIÈME.

XVIII

Les développements qui précèdent et les nombreux exemplesque nous venons de citer permettent de considérer d’une manièregénérale les grands raz de marée comme la première oscillation etle point de départ d’une série d’oscillations de même nature quivont en diminuant progressivement.

On est donc conduit tout naturellement à se demander si lasurface des grandes mers ne doit pas présenter régulièrement,comme celle des lacs, des vagues de balancement périodique, etsi, indépendamment des vagues superficielles, des marées luni-solaires, des courants de surface dus aux différences de tempéra-ture, d’évaporation, de salure, etc., il ne doit pas exister, sur lesgrandes nappes océaniques, des oscillations analogues à celles quiont été si méthodiquement constatées et mesurées sur le Léman.

Les observations manquent encore et sont, à la vérité, trèsdifficiles à faire, à cause des actions perturbatrices nombreusesqui empêchent bien souvent de discerner des mouvements aussidélicats. On est cependant déjà en possession de quelques don-nées expérimentales que M. Forel a eu soin de noter avec beau-coup de sagacité et qui pourront être le point de départ de nou-velles recherches plus fructueuses.

Ainsi, en 1843, David Milne eut l’occasion d’observer des phé-nomènes de balancement tout à fait indépendants des maréesordinaires (1). Pendant un orage qui se produisit sur les côtesd’Angleterre et d’Écosse, il put relever, dans un grand nombrede ports du Royaume-Uni, des oscillations rhythmiques du niveaude la mer qui durèrent plusieurs jours avec une amplitude de 2 a3 pieds et une période de 10, 15 ou 20 minutes.

A la même époque à peu près, sir C. Airy, astronome à l’° b '

(1) David Milne, On a remarquable oscillation of tke sea observed ai vari° uSplaces on the coasts of Great Britain in the first week of July, 1843. — Transifions de la Société royale d- Êdimbourg,