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Tome premier.
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SECONDE PARTIE. — CHAPITRE DEUXIÈME.

La description du lac que Fauteur de la Nouvelle Hélotse nousa laissée est encore plus singulière et empreinte de ce mauvaisgoût déclamatoire et de cet esprit de système qui gâte bien souventles meilleures descriptions des philosophes du dix-huitième siècle.

Saint-Preux se promène en bateau avec Mme de Wolmar sur I elac, dans les parages de Clarens ou de Vevey. « Nous avançâmes,dit-il, en pleine eau ; nous nous trouvâmes bientôt à plus d un elieue du rivage. Là, j’expliquai à Julie toutes les parties du superbehorizon qui nous entourait. Je lui montrais de loin les embouchures du Rhône dont l’impétueux cours s’arrête tout à coup aUbout d’un quart de lieue et semble craindre de souiller de ses

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eaux bourbeuses le cristal azuré du lac ; je lui faisais observerredans des montagnes, dont les angles correspondants et p ara ^lèles forment dans l’espace qui les sépare un lit digne du fleuv equi le remplit.

« En l’écartant de nos côtes, j'arrivais à lui faire admirer les richeset charmantes rives du pays de Vaud, où la quantité des vill eSl’innombrable foule du peuple, les coteaux verdoyants et parestoute part forment un tableau ravissant; où la terre, partouttivée et partout féconde, offre au laboureur, au pâtre, au vigneron,fruit assuré de leurs peines, que ne dévore point l’avide publica 10Puis, lui montrant le Chablais sur la côte opposée, pay s n ° nmoins favorisé de la nature et qui n’offre pourtant qu’un spectacde misère, je lui faisais sensiblement distinguer les différent^effets de deux gouvernements pour la richesse, le nombre etbonheur des hommes. C’est ainsi, lui disais-je, que la terre o u 'son sein fertile et prodigue ses trésors aux heureux peuples q ulcultivent pour eux-mêmes. Elle semble sourire et s’animerdoux spectacle de la liberté; elle aime à nourrir des hommes-contraire, les tristes masures, la bruyère et les ronces q u ‘ c °vrent une terre à demi déserte, annoncent de loin qu’un madabsent y domine et qu’elle donne à regret à des esclaves quelq umaigres productions dont ils ne profitent pas (1). »

(1) J -J. Rousseau, La nouvelle Héloïse, 4" partie, lettre XVII de Sainà Milord Édouard.

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