298 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE DEUXIÈME.
ques, en un mot tous les bâtiments officiels du gouvernementecclésiastique et civil de la cité (1).
En somme, jusqu’au treizième siècle, Genève n’a existé fl uesur la rive gauche du lac et sur la hauteur; et le pied de la collineoccupée par la vieille ville était baigné, d’une part, par les eauxdu lac et du Rhône; de l’autre, par le marécage de l’Arve, <] uls’étendait en flaque d’eau sur les terrains vagues de Plain-Pal alStLes quelques maisons éparses qui se trouvaient au pied de la colline, et dont le nombre augmentait chaque jour, durent etrebâties sur pilotis et furent une conquête sur le Rhône, sur I elac et sur le marais. De là cette désignation très caractéristique depalustria donnée à Genève dès le cinquième siècle, et qui p oUvait s’appliquer à la fois à la partie occidentale et méridionale dela ville où se trouve Plain-Palais et à tout le quartier moderneautrefois submergé (2).
Le lac et le Rhône, qui n’en faisaient qu’un, creusaient en ce ^endroit une petite baie très largement ouverte sur le lac etc’était là vraisemblablement que devait se trouver la porte del’enceinte du moyen âge, mentionnée dans les actes du treizièn esiècle sous le nom de Porta Aquaria, qui donnait accès à cequartier de la Marine, aujourd’hui disparu et complètementremanié (3).
Quant au faubourg Saint-Gervais, situé sur la rive droite duRhône ou du lac, de l’autre côté de l’île, il n’a existé qu’à p artlfdu seizième siècle à l'état de petite annexe de Genève, rM n ° rGeneva; mais ce n’est que dans les temps tout à fait modernesque ce quartier, comme celui des Pâquis, qui n’était autrefo lS >ainsi que son nom l’indique, pascua, qu’une prairie inondee P arle lac et un lieu de pâturage, ont été transformés en une vdlenouvelle, jeune, aristocratique, bordée de quais magnifiq ueS e * :de riches hôtels. Toutes ces constructions sont récentes et necèdent en rien aux plus somptueux palais du littoral de la Provence-
(1) Galiffe, Genève historique et archéologique, op. cit,
(2) Civitas Genevensium idem et palustria. (Reg. Gen. n° 29, B.)
( 3 ) Supra portam aquariam, Acte de 1258, M. G. XIV, 43, 5.