3i4
SECONDE PARTIE. — CHAPITRE TROISIÈME.
C’est en serpentant à travers une série de gorges mamelonnéesque le Rhône s’avance vers la France. Le lit se creuse de plus enplus; les flancs très rapprochés des deux rives plongent souventpresque à pic. Le fleuve est une véritable ligne de défense q ulsépare l’ancienne Savoie de la France, qui séparait autrefois deuxpays bien plus distincts encore, l’Allobrogie ou la Province romaineet la Gaule indépendante. Cette ligne de défense a joué un rôleconsidérable au début même de la conquête des Gaules et méritequ’on s’y arrête quelques instants.
II
L’histoire des huit campagnes de César n’est plus à faire aujourd’hui; et en réalité cette histoire a trouvé du premier coup s ° nmeilleur historien, qui est César lui-même. « Il a écrit les comnnentaires des événements qu’il a dirigés, a dit très justement Ciceromet ces commentaires sont excellents; ils sont naturels, simpl eS e * ;dépouillés de toute parure oratoire; on croirait voir un beau corp ssans vêtement; et rien ne saurait être plus agréable que cett econcision pour la pureté et la clarté de l'histoire (i). »
Hirtius, qui prit sous les ordres et sous les yeux mêmes deCésar une part si grande à la guerre des Gaules, et fut chargé determiner ce que l’on pourrait appeler le journal officiel deconquête, débute dans son récit par une appréciation non m° inS
méritée de l’œuvre de son illustre prédécesseur : « Il est évident)
]c$
dit-il, que les Commentaires dépassent en élégance tout ce que»autres ont pu faire avec effort. Ils n’ont été composés que P° uftransmettre des documents aux écrivains de ces grands évén ements; et cependant ils jouissent d’une approbation si général e ique César semble avoir enlevé plutôt que fourni à ces écrivain 8
(i) Commentarios quosdam scripsit [ Caesar ] rerum suarum. — Valde quid eît finquam, probandos; nudi enim sunt, recti et •venusti, omni ornatu
tanguam veste, detracio Nihil enim est in historia pura et illustri brevt
dulcius. — (CiC., Brutus, LXXV.)