31 6 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE TROISIÈME.
reprises près de 140,000 à titre de renfort. Le mouvement de
descente du Nord vers le Midi se communiquait de proche en
proche. Tout le monde germanique avançait sur l’Occident. I'
était donc pour Rome d’un intérêt majeur de surveiller attentive
ment les incidents de la lutte entre les Germains et les Gaulois^
Les Belges, d’ailleurs, presque tous Germains d’origine, étaient
entraînés instinctivement à se rapprocher des hommes d’outre-
Rhin et à faire alliance avec eux (1). « En peu d’années, éd
César lui-même, tous les Gaulois allaient être chassés de l eur
le
pays, et tous les Germains étaient sur le point de passerRhin (2). » L’annexion complète de tout le pays gaulois étaitdonc absolument nécessaire à la sécurité de Rome. La Gauleelle-même ne pouvait être plus longtemps indécise sur sa destinée. Menacée d’une part par l’étranger du Nord, tiraillée del’autre entre les chefs militaires de ses quarante peuplades,fallait, sous peine de dissolution et de désagrégation, qu’elle devintlatine ou germaine. Elle devait être, elle est restée latine; elnom de « Gallo-Romains », qui a été donné à nos ancêtreSiexprime avec une parfaite justesse la transformation politiq uequ’elle a subie et le caractère définitif de sa nationalité.
Ce n’est donc pas d’hier que le monde latin est menacé del'invasion du monde germain; c'est la destinée de la Fran cemoderne, comme ce fut, après l’Italie, celle de la Gaule ancienn e id’être la première puissance latine. Elle a été, elle est et elle dodêtre avant tout antigermaine, non seulement par la séparati° nbien marquée de ses anciennes frontières naturelles , mais encore— on tend peut-être un peu à l’oublier depuis quelques années-''par les idées, par les mœurs, par les arts, par la langue et pa rreligion. Latins nous sommes, et Latins nous devons rester. Ai nSlnous l’enseigne l’histoire et nous le commandent à la fois nos t raditions, notre honneur et notre intérêt.
(r) Mommsen, Rom, Gesch., I. V, vu. — E. Desjardins, Gaule romaine, *■
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(2) Futurum esse paucis annis, uti omnes ex GaHice finibus pellerentuomîtes Germant Rhenum transirent .— (Cæs., Bell. Gall., I, 31.)