LE CONFLUENT DU RHONE ET DE LA SAONE. 41 i
L’industrie de Lyon était à cette époque d’un genre plus gros-sier. Les épaisses toiles pour voiles de vaisseau, les étoffes detaine pour vêtements militaires, les longs manteaux à capuchon( î u ’on appelait des « saies » ou « sayons », et qui constituaient^ a ns toute la Gaule le costume national, sortaient en général desfabriq ues de Tournay, d’Arras, de Langres, de Saintes, où cetteln dustrie s’est conservée depuis la conquête. L’armée romaineétait presque entièrement habillée avec de la laine et même avec^ es confections gauloises (1). Le fils de Septime Sévère, l’em-P er eur Marcus Aurélius Antoninus Bassianus, avait appréciétellement les bonnes conditions d’un certain sagurn gaulois, àma nche et à capuchon, et qu’on appelait vulgairement une « cara-Ca He », q U qi l’importa à Rome et en habilla ses troupes. La cara-Ca lle devint bientôt le vêtement de tout le commun peuple. L’em-Pereur en garda le nom, et l'histoire ne le connaît plus que sousfa sobriquet de Caracalla (2).
Tous ces vêtements, fabriqués en Gaule, quelquefois même àLy°n, se vendaient en masse au confluent des deux fleuves, etExportaient du Cannabis lyonnais. Les textes épigraphiquesn °us ont révélé l’existence et l’organisation des principales corpo-ra bons industrielles, — les sagarit, les centonarii, \esprossarii, les^ ln Uarii t — qui fabriquaient ou manufacturaient ces tissus et cesétoffes communes, les unes en laine, les autres en toile, en lin ouen Poils. La vie ouvrière du peuple, pendant les premiers sièclesfa colonie lyonnaise, peut en quelque sorte se lire sur cesln scripti ons du plus haut intérêt ; et l’on y retrouve à chaque pasfa souvenir de ces associations et de ces groupements par métierscorps d’état, qui sont une des formes les plus caractérisées*fa 1 organisation des classes laborieuses de l’époque, mélangeMarchands, d’artisans, d’affranchis, d’esclaves même, et qui° rn iaient au-dessous de l’aristocratie, de l’armée et des fonc-
Voir les descriptions de Strabon ( Géogr IV, iv, 3), et les statuettes en
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^ 2e conservées au musée de Lyon qui permettent de retrouver tous les détailsc °stume gaulois.
’ 2 ) Aurel. Vict., VU. Cas., 21.