412 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE QUATRIÈME.
tionnaires de l’État, le véritable fond de la société romaine'
IX
Le sentiment de l’association est loin, en effet, d’être moderne,et les sociétés antiques, la société romaine surtout, l’ont connuplus encore que la nôtre (i).
Un des plus grands besoins qu’elles paraissent avoir éproua été celui de se réunir ; de là ces nombreux collèges ou associations ouvrières et ces confréries religieuses appelées « sodalités »,sodalicia, qui, de Rome, se répandirent rapidement dans presq uetoutes les provinces de l’empire et se multiplièrent surtout dansl’Italie et dans les Gaules, pays riches, où florissaient le commerce et l'industrie.
Tour à tour protégées et inquiétées par la république et
empereurs, qui voyaient en elles tantôt un élément de forc e ,
tantôt un germe d’opposition et de résistance, ces association 5
finirent par devenir de véritables corps constitués, ayant chacun
leur existence propre et une sorte d’autonomie.
Lyon, Nîmes, Narbonne, Arles, toutes les villes populc useS
de la Gaule, en avaient un très grand nombre. Ces collèges ° u
associations ne différaient guère entre eux que par leur pl uS ° U
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moins d’importance. Leur organisation était partout la meme,
calquée sur celle de la cité ou du municipe romain ; car un col^ë e
était considéré comme une petite cité particulière dans la c
véritable. Même constitution, mêmes lois, mêmes officiers-
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société se choisissait, en effet, des chefs dont les fonctions
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ressemblaient beaucoup, quoique leur nombre et leur nom dlrassent souvent d’un collège à l’autre. On les appelait tanmaîtres ou présidents, et ils étaient alors nommés pour cinq anS|
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magistri quinquennales ; tantôt administrateurs, curatof^i
(i) Mommsen, De collegiis et sodaliciis Romanorum. Kiel, 1843.
G. Boissier, Les associations ouvrières et charitables dans l'empire r01871.