SECONDE PARTIE. — CHAPITRE CINQUIÈME.
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colonnes en marbre à chapiteaux corinthiens, disposition trèsélégante et peut-être unique en France. Trois siècles plus tard,la nef était divisée en trois par des piliers intérieurs ; on construi-sait les voûtes, et on élevait sur le porche la belle tour carrée quile surmonte. Depuis lors, les invasionssarrasines, les dévastationsdes guerres religieuses, les profanations de la période révolution-naire et, renchérissant sur le tout, le zèle et le mauvais goût desrestaurateurs qui ont revêtu d’enduits de plâtre, de peintures etd’ornements de style disparate les murs et les colonnes du moyenâge, ont dénaturé complètement le monument primitif. Quant aucloître du monastère, qui s’étendait au Sud de la basilique, et aumonastère lui-même, ils ont complètement disparu. De tout cetensemble, il ne reste plus que le vaisseau de l'église, soitederemise municipale, où l'on renferme pêle-mêle des pierres tom-bales, des fragments de statues, des textes épigraphiques et desdébris de toute sorte, appartenant pour la plupart à l’époqueromaine de la ville. C’est une ruine abritant d’autres ruines.
VII
L’église de Saint-André-Ie-Bas a été, au contraire, conservée auculte et reste, sans contredit, un des plus beaux types de l’archi-tecture religieuse romano-byzantine. Le monument date du milieuou de la fin du dixième siècle; c’est à peu près l’époque de l’églised’Ainay de Lyon. Le cloître, qui offrait des détails charmants, estaujourd’hui complètement défiguré, sert de cour à une maisonparticulière; et ses colonnes élégantes sont engagées dans unemaçonnerie grossière.
Une tour carrée couronne l'édifice. La construction de ce clo-cher est quelque peu postérieure à celle de la nef et paraît devoirêtre reportée au douzième siècle. Il se compose de quatre étages,les trois premiers percés de deux fenêtres, le dernier de quatre,séparées par des arcatures divisées en trois parties par autant detêtes grimaçantes qui tiennent lieu de consoles. Les fenêtres sont